Le
Théatre antique
Si différentes étymologies
ont pu être donné à l'origine du nom de Bouzy,
nous retiendrons celle entérinée par les Chartres
de l'Abbaye de Fleury " Bulciacum ou Bulziacum "
qui a donné le nom de " Bulzacien " aux habitants
de Bouzy.
Après la défaite de Vercingétorix à Alésia,
la Gaulle est occupée par les Romains qui lui
apportent leur civilisation.
De cette époque, il nous reste des vestiges,
soit en partie conservés comme les arènes (Lutèce,
Arles, Nîmes...), les thermes de Cluny à Paris, le
viaduc du Pont du Gard...
Pour d'autres il ne reste que des traces
plus ou moins apparentes, ou bien des ruines
enfouies sous terre.
Le cirque
gallo-romain du Mesnil Bretonneux
ferait partie de ces dernières. Cirque est
d'ailleurs un bien grand nom.
Nous
ferons donc référence à l'ouvrage de Mme Françoise
Dumasy : " Les Théâtres ruraux des Carnutes et des
Senons, leur implantation et leurs rapports avec
la Civitas ", traduisez Civitas par cités
romaines.
Selon Mme
Dumasy " on désigne sous le nom
de théâtres ruraux, des théâtres installés sur des
sites qui, pas plus à l'époque antique qu'à
l'époque moderne, n'ont donné lieu à une
agglomération de quelque importance. L'édifice
théâtral n'est cependant pas isolé : il constitue
avec le sanctuaire et les thermes auxquels il est
toujours associé, un ensemble monumental. Mais la
présence de ces édifices, et en particulier du
théâtre qui suppose toute une organisation
économique, alors que l'habitat est très
restreint, sinon inexistant, n'en constitue pas
moins une anomalie très frappante. Outre cette
situation insolite, ces édifices présentent
d'importantes différences par rapport au théâtre
classique. Nous
reproduisons ci-joint la carte qui figure dans
l'ouvrage de Mme Dumasy, sur laquelle figurent
cinq sites répartis de part et d'autre de la Forêt
d'Orléans, entre Loire et Loing (Bonnée,
Bouzy-la-Forêt, Montbouy, Sceaux, Triguères).
Comment a été découvert celui de
Bouzy-la-Forêt.
Faisons référence au manuscrit écrit par M.
Bouchet " Contribution à l'étude du passé de
Bouzy-la-Forêt " rédigé en 1973 :
A la fin du siècle dernier, un habitant de
la commune ayant entendu parler au cours de
veillées, de ruines enfouies du côté de Mesnil
Bretonneux, eut l'idée de creuser à un endroit o-
les labours libérèrent de grandes quantités de
tessons de poterie, de tuiles anciennes.
Espérait-il trouver un trésor? En fait, ses
recherches aboutirent à mettre à jour les
fondations d'un théâtre romain. La Société
Archéologique et Historique de l'Orléanais fut
alertée. Elle dépêcha sur place un de ses
correspondants G. Vignat. Une étude fut consignée
dans les Mémoires de la Société (Tome XXIII p. 271
avec planches
1882).
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Les fondations faites de cailloux tassés
sans mortier sur une épaisseur de un mètre
environ, supportaient une couche très dure de
gravier et de mortier à la chaux formant
béton.
L'ensemble en forme de fer à cheval, orienté
vers le sud comprenait trois murs concentriques
s'étalant sur 80 mètres de pourtour. On
distinguait (voir schéma) une fosse d'orchestre et
une scène. Ce petit théâtre pouvait accueillir 500
à 600 spectateurs. Les superstructures devaient
être en bois, il n'en reste rien, bien
entendu.
A peu de distance vers l'Ouest : deux
enceintes carrées, l'une de 10 mètres environ,
l'autre moitié moindre, semblent indiquer
l'existence de thermes. De grandes quantités de
mosa
Signalons également la découverte de deux
trésors. C'est ainsi qu'en 1867, une amphore
remplie de 500 pièces de monnaie frappées à
l'effigie de l'empereur Gordien III (238-244) a
été trouvée sur le territoire de la commune. En
1925, un fermier de la Feuillardière brise avec sa
charrue une poterie contenant 700 monnaies
anciennes, des Tétrious (268-275).
Ces trésors auraient sans
doute été enfouis lors des invasions de 275 (J.
Soyer).
De tous les sites carnutes et senons, Bouzy
est le plus pauvre en découvertes et en
publications et nous conclurons sur les propos de
Mme Dumasy :
On a voulu mettre le théâtre de Bouzy en
liaison avec les étangs qui auraient eu un
caractère sacré, mais l'existence de ces étangs,
assurée au Moyen Age, ne l'est pas dans
l'Antiquité. Il est donc difficile de manier une
telle hypothèse. Le toponyme " Mesnil-Bretonneux "
a incité Soyer à y supposer l'installation d'une
colonie de Bretons à la fin de l'empire. Des
étymologies de ce type sont assez contestées à
l'heure actuelle et il ne semble pas qu'il faille
la retenir.
Aucun autre indice, aucune tombe
mérovingienne, n'indiquent une survie quelconque
du site qui tombera dans l'oubli complet, alors
que l'habitat médiéval s'installe à plusieurs
kilomètres de
là. |
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